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 CARO Isabelle: La petite fille qui ne voulait pas grossir

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AuteurMessage
Céline
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Date d'inscription : 26/08/2008

MessageSujet: CARO Isabelle: La petite fille qui ne voulait pas grossir   Jeu 28 Aoû - 15:24


Broché: 303 pages
Editeur : Flammarion (14 mai 2008)
Collection : DOCS, TEMOIGNAG

http://neigeisabelle.blog.mongenie.com/

Citation :
Tout d'abord, je tiens à vous préciser que je ne détiens pas toute la vérité, la potion magique pour se sortir de cette terrible maladie sinon je n'en serais jamais arrivé là…
Le professeur Scheen saura certainement mieux que moi, répondre à vos questions pour vous aider. Mais je suis là pour témoigner, de ce que j'ai vécue en tant que personne souffrant d'Anorexie ainsi que de ma bataille de chaque jour pour enfin pouvoir vivre libre, et retrouver la santé…
Qui suis-je ?
En faite, je ne sais pas vraiment !
Une artiste, une comédienne, une passionnée de théâtre et avant tout, une amoureuse de la vie, de sa beauté, de la richesse de l'univers terrestre que nous offre la nature...
Pourtant, chaque jour est pour moi une lutte permanente contre l'anorexie...
Anna, cette Anna, celle que je nomme Anna : l'anorexie, vit en moi depuis l'âge de 13 ans.
Cela est certainement dû à une enfance très difficile et éprouvante, une enfance à l'écart des autres, une enfance très particulière que vous aurez certainement du mal à imaginer !
Lors ce que j'avais à peine 4 ans ma mère sombra dans une terrible dépression suite à la rupture avec mon père biologique ! Nous habitions une maison isolée à la campagne au milieu d'un bois, les voisins les plus proches se trouvant à près d'un kilomètre. Comme elle avait été institutrice dans sa jeunesse, maman décida de me scolariser par correspondance, sous prétexte que je devais apprendre le violon et consacrer mon temps à l'étude de mon instrument.
Mon beau père était toujours en déplacement pour son travail et je ne le voyais qu'un weekend sur deux ! Il semblait ne rien vouloir voir de ce qui se passait à la maison, quand il rentrait ce n'était que pour regarder la télé ou allez faire les courses au supermarché, seul bien sûr.
Maman ne voulait pas sortir et ne voulait pas que je sorte, surtout pas, que je respire l'air de dehors… Elle avait entendu dire à la radio que « le grand air favorisait la croissance des enfants » !
Le fait que je grandisse était devenue son obsession ! Peut être avait elle peur de vieillir ?
Quand elle était seule avec moi elle passait son temps à me mesurer, soupirant dès qu'elle devait tracer un trait supérieur au précédent. Elle m'achetait toujours des chaussures des vêtements trop petits et des jouets de bébé alors que j'avais 7 ,9 ou 11 ans…
S'il m'arrivait d'aller une fois par an voir mes grand parents maternelles, à Noel , je devait m'envelopper de 3 à 5 épaisseurs d'écharpes sur le nez prétextant que j'avais un gros rhume, même si je n'avais rien, là bas on ne parlait que de la maladie: le cancer de mon grand père et la dépression de ma tante. Enfin ce n'était pas de noëls bien gais, mais le seul moment où je pouvais sortir de ma prison dorée !
Je ne pouvais même pas aller dans mon jardin et s'il faisait beau l'été, même par 30 degré je devais porter les écharpes sur le nez et la bouche, inutiles de vous raconter quel souvenir traumatisant cela fût pour moi.
Maman n'avait pas d'amies, elle restait toujours à la maison et se faisait tout livrer par correspondance ! Je ne voyais personne, à part mon professeur de musique une fois par semaine qui venait que pour son cheque, pas d'autres enfants, ni d'institutrices à qui parler… Il n'y avait que la télé et mes jouets…
Je voyais ma mère si malheureuse à pleurer tout le temps que je n'osais pas lui dire ma souffrance , ma solitude, j'avais peur de la décevoir car elle me disait que j'étais tout pour elle, sa seule raison de vivre, puis j'avais surtout peur , de grandir !
Je me souviens d'elle l'hiver portant une bobonne de Gaz de 35kg, toute seule dans le chemin pour chauffer la maison car le livreur ne voulait pas rentrer son camion de peur de s'enliser ! J'entends encore les paroles que maman me répétait, en parlant de mon beau père toujours absent : « tu te rends compte ce qu'il me laisse porter : 35kg, tu sais ce que c'est toi que 35kg ? » Ce chiffre raisonna dans ma tête des années plus tard …
A l'âge de 12 ans lors, d'une visite pour angine, chez mon pédiatre que je n'avais pas vu depuis mes 4 ans, il me mesura « 1m51 pour 39kg » ce dernier chiffre raisonna alors dans ma tête : j'ai dépassé le poids de la bonbonne de gaz je suis donc un poids pour ma mère.
Comme je ne pouvais pas me couper les jambes pour ne plus grandir et que je voyais mon corps se transformer avec la préadolescence, la meilleure solution était pour moi de stopper ma croissance ! Comment ? En ne mangeant plus ! Je décrétai à ma mère que je voulais faire un régime, elle ne si opposa point, et déclarât : « tu veux faire attention à ta ligne comme les danseuses » !
Pour noël, je lui demandai une balance, et ce fut le début de la spirale de l'enfer, je me pesait plusieurs fois par jour, je perdis du poids petit à petit ! Quand ma mère s'aperçu que je maigrissais trop, que je mangeais plus rien, moi qui n'avais jamais été gourmande, ni grosse enfin une petite fille normale, qui goûtait à tout avec plaisir, elle commença à s'affoler et se rendre compte que j'avais peut-être besoin des autres ! Elle ne voulait surtout pas entendre parler de psy ni quoi que ce soit, car on aurait put mètre en cause son éducation, Alors elle décida de me faire faire du patinage artistique et de la danse, « une tête saine dans un corps sain » voilà la solution : le sport, la seule solution qu'elle trouva… Et surtout elle commença à m'autoriser à enlever les écharpes pour sortir, elle avait sûrement réalisé les bêtises qu'elle avait fait !
La danse je dû arrêter au bout de 3 mois car le prof me trouvait trop maigre, je continuai le patinage artistique car il fallait faire un choix, j'aimais tellement ça, et j'avais si peur de me retrouver encore enfermer à la maison comme avant, que je me forçais à manger ! Maman m'envoyai à la crêperie car elle savait que j'aimais cela et que ça me faisait enfin sortir, Je repris tout doucement du poids toute seule bien que je restais toujours menue, mais j'allais mieux ! Je continuai Jusqu'au niveau compétition, puis je fût obligée d'arrêter, car mon beau père perdit son travaille et les cours coutaient cher, puis qu'il fallait penser aussi au violon ! Tout en continuant ma scolarité par correspondance jusqu'au Bac où j'allais en terminal normalement ! Il fallait tenir et manger un petit peu ,c'est-à-dire un petit carré de chocolat par là , du lait et des céréales enfin , parfois un petit bout de pain beurré, une cuillère de taboulé par ci, un bout de crêpe, et surtout du jus de fruit ! Je ne dépassai jamais les 40kg de toute ma vie …
Toute cette histoire je la raconte plus en détail dans mon livre qui sortira le 15 mai en France chez Flammarion .
Après il y eu la fac, D.E.U.G de cinéma , Maîtrise de théâtre, cours Florent et conservatoire de Versailles en Art Dramatique, je bossait comme une dingue puis je tomba à 35,32,et 28kg … Tout le monde s'inquiétait de mon teint noir verdâtre , au conservatoire on me fit des remarques bien que m'enveloppais de plusieurs épaisseurs de pulls à manches très longues, cols roulés et pantalons larges.
Puis je me sentais si faible que je craquai et avoua tout à mes parents. je demandai à ma mère et mon beau père de m'emmener à l'Hôpital, ils ne pouvaient plus refuser l'évidence sinon j'allais mourir… Comme les services n'étaient vraiment pas bien adapté à cette pathologie, je ne fus pas du tout aidée, mais incomprise comme si c'était de ma faute, « j'étais coupable je devais donc être puni e, isolée à réfléchir sur mon cas ! » Nourrie par perfusion et sonde !
Pas de télé, pas de portable, pas de visite ! Moi qui avais été enfermée pendant toute mon enfance, ils reproduisaient le même schéma que celui qui m'avait emmené ici! Au lieu de prendre du poids j'en perdis ! Le psychiatre passait juste faire un tour pour prescrire des médicaments et me répéter que tout était de ma faute que je n'avais qua mangé ! Personne n'essaya de parler avec moi et de comprendre ce qui m'avait amené ici! J'y passai des mois sans être aidée, passant de réa en service de nutrition et cela dans plusieurs lieux en France ! Puis quand j'avais atteint leurs « contrat de poids de 40kg » qui me permettais de sortir je reperdais tout, car je n'avais pas été soignée ! Les seules lieux spécialisés où l'on nous enferme pas avec les fou, étaient réservés aux adolescents, après 18 ans, plus rien, portent closes !
Je survivais seulement virevoltant entre 28 et 26 kg ! Je passai ma maîtrise à la fac en Fauteuil roulant, pour garder le peu de force que j'avais ! Je choisissais toujours les cours l'après midi car le matin je pouvais à peine bouger de mon lit, et je rampais jusqu'à la douche ! J'avais mal de partout, je ne savais plus comment m'assoir pour ne pas que mon coccyx se cogne. Je ne pouvais pas dormir la nuit tellement les draps râpaient ma peau ! J'avais des crampes dans les doigts, dans les pieds, Je ne pouvais pas manger même quand je voulais, mon estomac rejetais tout il n'y avait que pour le théâtre pour jouer sur scène, ou quand j'avais un court métrage que je mangeais mes compléments alimentaires, les autres jours j'avais trop peur ce mot hypercalorique me dégoutait il aurait seulement fallut que ça soit marqué « repas minceur » dessus pour que je les accepte, avec les anorexiques ce n'est qu'une question de vocabulaire !
Mes parents ne savais plus quoi faire car dans les hôpitaux c'était toujours le même protocole et je reperdais toujours tout en sortant, puis m'a mère s'en voulait de son éducation particulière mais n'arrivait pas à couper le cordon ombilical.
Un jour ce fût l'électro choque, alors que j'étais partie avec ma mère du côté de Perpignan pour retrouver un petit peu le goût de la vie, moi qui aimait tant la nature et avais si soif de voyage. Alors que nous étions dans un hôtel, dans le bût d'aller faire un tour en Espagne, je me réveilla le matin plus faible que jamais et je perdit connaissance, quand je rouvris les yeux, le SAMU était là et me demandait de serrer très fort leurs mains et de ne surtout pas dormir… Puis je tombai dans un comma profond qui durera 4 jours ! C'est un souvenir que je n'oublierai jamais, je délirais ne sachant plus ce que je disais, s'entremêlait dans ma tête le passé , le présent , le future j'avais des visions de fin du monde, puis je vis surtout cette lumière blanche qui m'attirait vers elle au fond d'un long tunnel, l'image dont tout les rescapés d'accidents graves parlent existe bien…
Puis par moment je voyais les médecins du service chirurgicale de cardiologie qui n'arrivaient à me perfuser nulle part tellement mes veines étaient fine alors ils me posèrent un cathéter artériel dans le coup, puis je retombai dans mon comma…
4 jours plus tard je me réveillais enfin, traumatisée par ce qui m'étais arrivé avec une seule résolution en tête vivre coute que coute, moi qui avais tant de rêves dans ma tête : voyage théâtre, nature et dire que j'aurais pu mourir su jeune et ne plus jamais revoir la beauté de la vie ! Je réalisai enfin comme ma maladie était grave, ma mère m'apprit qu'elle avait souffert l'horreur quand les médecins qui lui interdisaient de rentrer dans le service de réa, lui avaient dit qu'il fallait s'attendre au pire avec un taux d'hémoglobine à 4, un potassium à 1,8, et un sodium à 121…
On me fit une transfusion de sang, puis on m'alimenta avec un liquide blanchâtre dans ma perfusion car mon œsophage était trop irrité pour me poser une sonde, puis je recommençai petit à petit à me réalimenter avec des compléments alimentaire, des purées de la viande hachée, du bouillon très salé et de l'eau de Vichy car elle contient beaucoup de sodium ! Ce fut difficile mais je me forçais car sinon la prochaine fois ça serait là mort !
Sous les recommandations des psychiatres, je décidais quelques mois plus tard de quitter Paris pour Marseille afin de stopper cette relation trop fusionnelle avec ma mère et avoir des rapports plus sains avec elle !
Là bas le soleil me redonna goût à la vie, je redécouvris les vraies valeurs de la nature, aux couleurs provençales, et surtout je rencontrai un merveilleux médecin qui m'aida vraiment à m'en sortir ! Il prit enfin le temps de m'écouter, de me parler, une vrai relation de confiance s'installa entre nous, il surveillait de très près mon bilan médical et me réappris à manger tout doucement et à réapprécier la nourriture saine et équilibrée un petit peu de tout en petite quantité ! Puis je mis à écrire mon blog, qui se transforma par la suite en livre ! Je n'avais qu'un seul but en tête prévenir les autres à quel point cette maladie était grave et mortelle pour éviter à quiconque de tomber dans cet enfer ! Puis je témoignai dans une émission de télé, et arriva la campagne de Toscani «No Anorexia », qui me permit de crier ce que j'avais souffert et la mort qui avait faillit m'emporter !
Aujourd'hui je vais mieux, j'ai repris le cours Florent, et surtout j'ai repris du poids.
Avec ma mère les relations se sont améliorée, on avait besoin de s'éloigner toute les deux pour mieux se retrouver ! J'ai grandit enfin et je me bât pour guérir totalement !
J'espère que mon expérience servira à faire comprendre le danger de cette maladie, et surtout qu'il n'y a pas qu'une sorte d'anorexie mais des milliers d'anorexiques qui portent en elles chacune une histoire différente, c'est pour cela que l'on ne doit pas appliquer le même protocole pour tous, mais prendre le temps de comprendre et d'entendre la personne…
Aujourd'hui, même si j'en ai voulu longtemps durant mon adolescence à ma mère, j'ai fait la paix avec les fantômes du passé et lui ai bien sûr pardonné, car elle a également énormément souffert pour en arriver jusque-là !

Je savais lire un livre difficile mais à ce point jamais je n'aurais imaginé... Parfois, souvent à la limite du supportable... Avec ce livre j'ai repensé à toutes les discussions que j'ai eu avec des amies sur la psychogénéalogie, notre héritage, son poids, le poids de notre enfance... Le poids... LE problème pour Isabelle... J'espère que ce livre l'aura libéré, la fera aller de l'avant, s'accepter, réussir sa carrière artistique... Je ne sais pas si j'aurais sa force pour garder des liens avec ma famille, si j'aurais pu m'exposer médiatiquement comme elle... Déjà aux émissions télévisées je ne pouvais soutenir son regard bleu si profond, souvent si désespéré... Je n'ai pas eu l'impression d'être voyeuriste comme cela peut arriver avec ce genre d'autobiographie, je n'ai pas non plus trouvé qu'on tombe à un quelconque moment dans le "pathos", non j'ai eu mal pour tout ce qu'elle a vécu, j'ai eu de la colère pour tout ceux qui n'ont pas voulu voir, j'ai aussi beaucoup compris sur mon vécu à travers son histoire... Je crois que j'en resterais un moment profondément bouleversée...
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